Constatations, réflexions, étonnement au jour le jour, sur un chemin de vie. Mots d'humeur en rapport à la citation, "Le véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux". Coïncidences, hasards,éclairs de lucidité, destin.
Au réveil de nouveau, une idée se représente dans ma tête. En septembre 2004 à plus d’une personne j’ai exprimé mon phantasme de retrouver une personne née dans la vallée de la Meuse, à la même période que moi pour voir comment elle avait été influencée par cette état d’angoisse du au retrait des troupes allemandes, des bombardements et ultérieurement au passage des armées américaines. J’avais pensé mettre une annonce dans le journal, une annonce sur l’Internet pour trouver quelqu’un né en Septembre, Octobre Novembre 1944 . Avait-il enregistré la même angoisse que moi ? Quelles étaient ses angoisses, ses difficultés dans la vie, ses comportements. Mon souhait était de connaître comment il avait été influencé par l’ambiance de la société, comment il s’en était sorti. Comment il avait géré cette atmosphère spécifique,mais finalement tout était resté à l’état de projet, je n’avais rien fait.
Désir profond aussi d’aller pour la première fois sur les lieux de ce débarquement alors que pendant des années j’avais ignoré l‘événement, nécessité impérieuse d’y être l’année dernière. Quelque chose avait mûri en moi, j’étais prêt à affronter les circonstances, à entrer dans les souvenirs de ce temps là. A voir globalement ces impressions, avec la connaissance juste acquise, d’après mon sentiment de ce jour, l’angoisse n’était pas à l’extérieur comme je l’imaginais avant mais bien à l’intérieur.
Mon amie de cœur
Au cours du temps où nos enfants étaient à l’école primaire, grâce à l’ambiance et aux liens d’école, un couple était entré particulièrement dans notre cercle de connaissance, au point même quelques années plus tard d’entrer avec eux dans le projet groupé de rénovation des bâtiments d’une ferme. L’épouse s’était au cours du temps avérée comme ma dame de cœur. Plus d’une fois, je l’avais définie comme la personne présente dans le tiroir du dessus, le plus proche, celui que l’on utilise le plus. Nous entretenions une relation « frère-sœur », elle était celle avec qui je partageai les émotions parfois en longue promenade, vivant une proximité étrange du genre de celle que j’entretenais avec ma sœur cadette. Distance et proximité caractérisaient cette relation. Mon épouse curieusement ne marquait aucune jalousie et favorisait même les discussions que nous avions ensemble. Aucune femme n’avait atteint le degré de fusion que nous partagions pendant cette période, aucune valeur sexuelle n’entrait dans cette relation, sa présence me réconfortait, nos expériences de vie étaient partagées, groupe de rêves où nous allions ensemble, retraite, groupe de prière charismatique. Echange nombreux par téléphone, proximité parfois gênante en l’absence de nos conjoints à la messe. Impression qu’elle était extrêmement proche comme un double, impression de communication quand elle prenait place près de moi au point de devoir un peu m’écarter tant sa présence était envahissante. Puis les dernières années, une plus grande distance s’installa. Un autre homme remplit l’espace laissé libre et ce dans le même type de relation.
Ma nouvelle collègue
Nouvelle dans le département, elle avait tout de suite trouvé sa place et un lien invisible s’était mis en place entre elle et moi, immédiatement. Une sorte d’acceptation mutuelle semblait exister depuis son arrivée en Novembre. Elle était déjà une vieille connaissance partant un prénom ambigu, à la fois masculin et féminin. Au cours du temps, un rapprochement se fit bien malgré moi, au kick - off, dans la leçon d’apprentissage de la salsa, elle s’était glissée à ma hauteur et était devenue naturellement ma partenaire. Patiente, elle avait du résister à mes coups de genou et à plus d’une pression, due à mon attitude gauche devant cette musique trop rythmée et si étrange. Puis lors de la fête de Noël pour la liste des parrains et marraines d’anniversaires, elle me fut attribuée par le sort. Elle avait l’age de ma plus jeune sœur et faisait partie des évènements de la ligne de temps du mois de Février avec sa date de naissance le 6. Nous avions d’ailleurs ce mois là eu un coïncidence de mouvement en sortant en phase des toilettes, elle du coté des femmes,moi de l’autre coté dans une symétrie fort impressionnante, comme deux diables sortant en même temps d’une boite. Un peu plus tard, comme mon adresse électronique était toujours dans la machine à photocopier, elle m’avait par erreur, envoyé via le scanning d’un document confidentiel sur mon PC. Depuis cette fameuse conversation, les coïncidences s’accélérèrent. A la table du mess pendant la pause, alors que Renaud, voulait continuer notre conversation au sujet de la gémellité, elle qui venait rarement à la cafétéria était venue s’asseoir, comme attirée, en face de lui pour apprendre les concepts de la psychogénéalogie ce qui avait bousculé notre échange qui était passé du tête à tête au triangle. Puis hier alors que je montrais rapidement à Renaud, dans le couloir car le coffee corner était occupé, des images me semblant signifiantes sur les termes de nos échanges, elle s’était glissée en passant entre nous, puis arrêtée pour participer rapidement à l’échange par un petit commentaire à propos du sujet que nous abordions.
L’album alchimique.
Dans le livre « Alchimie et Mystique » que j’avais à ce moment en main, les images de « La conjonction » c-a-d, un homme et une femme se regardant dans le fond d’une cornue, étaient indexées par un papier jaune plié en deux, petit signet portant un texte disant « Je serai pour toute l’éternité ta vraie petite sœur »(Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.) Étonnant que ces mots y aient été placés quelques mois plus tôt et découvert seulement hier dans le contexte particulier de cette recherche du jumeau, en l’occurrence, de ma sœur utérine. Les personnages de l’image étaient comme des jumeaux dans l’utérus que symbolisait la cornue. Ce bout de papier avec ce texte, sans doute emporté du groupe de prière et les petits pains de vie, n’avait pas d’importance. C’était la coïncidence de sa redécouverte dans ce contexte actuel qui donnait un sens profond à ces mots. Cette phrase devenait intelligible et porteuse de sens et devenait synchronicité. Elle transcendait cette perte pour la porter au niveau métaphysique, spirituel, pour en assurer la guérison. Le texte faisait écho aux découvertes du moment, à l’idée de la gémellité qui s’était mise en avant comme pour confirmer l’hypothèse et le point de vue apporté par ce nouvel ami. Les images que je lui proposais étaient-elles signifiantes, lui parlaient-elles, donnaient-elles sens aux nombreuses rencontres féminines qu’il disait attirer et qui correspondait à sa quête de la sœur jumelle qu’il avait conscientisé dans une constellation familiale faite un an plus tôt.
L’idée d’opposer le concept de C.G. Jung de l’animus et l’anima, à la gémellité était-elle logique et déterminante. Ne fallait-il pas aussi ouvrir à l’idée que ce double pouvait être le placenta, que le jumeau en représentait le symbole.Après toutes les synchronicité et la liste des objets dans mon living était-ce encore possible d’envisager cette hypothèse.?
En alternative aux jumeaux, les images de l’androgyne, situées un peu plus loin étaient-elles acceptables. Dans le livre pouvaient-elles encore faire sens. Sans doute, si l’on imaginait la partie féminine et masculine de l’homme. Dans une étape ultérieure pourquoi pas mais, dans le moment cela devenait de moins en moins crédible. Que venait faire Dominique par ces irruptions dans cette enquête et dans nos rencontres. Etait-elle aussi attirée par ce champ d’énergie développé autour de nous et qui appelait l’autre, celui qui manquait.En allant faire le lendemain, mon gros livre bien visible en main, une photocopie couleur de ces images, étonnement, celle-ci sort de son espace de travail et se trouve pile à ma hauteur. Un peu plus tard en sortant de son espace de travail elle me renversa presque, malgré la priorité de droite. Fait qui à nouveau insiste et s’ajoutant à la série des coïncidences animées autour d’elle. Vendredi, impossible de préparer mes sandwichs, le sachet de pain était vide, aussi pour mon dîner et pour prendre l’air, je vais en ville pour m’en acheter un. Au retour invitation de Dominique pour manger ensemble pour la première fois notre sandwich en toute convivialité. Les champs morphiques devaient être à l’oeuvre entre nous pour que ces rencontres nous rapprochent de manière aussi fréquente. Faisait-elle partie elle aussi de ce club de gémeaux.
10Mars,
Nuit entrecoupée d’une insomnie propice pour noter l’idée qui me passe dans la tête. Mon lit est comme un utérus lui aussi et que s’y passe-t-il pour l’instant,
Mon épouse dort avec deux grands oreillers à proximité de ses pieds, et deux petits coussins ronds se baladent plus haut souvent entre nous. Ils sont comme la manifestation extérieure des répliques des placentas ou de ces fameux tératomes, restes d’un jumeau. Expression plus de son inconscient que du mien car comment expliquer le mélodrame qu’elle joue quand je m ‘avise d’en mettre un hors du lit. Hypothèse folle, qui renforce le fait qu’elle aussi ferait partie du club. Supposition qui vient à la conscience dans une période de la nuit où ma vigilance intellectuelle est en défaut vu la fatigue, où mes défenses sont faibles. Le proverbe « La nuit porte conseil » se confirmait ainsi une fois de plus par ce fait concret. Dans cette même chambre depuis quelques années, nos matelas étaient doubles, décision d’indépendance de sommeil, ou début d’une prise de conscience de cette gémellité. Fallait-il entendre que nos difficultés de couple venaient cette dualité primordiale détruite, rendant toute dualité ultérieure à la fois tentante mais impossible à établir car l’autre devait simultanément être tenu a distance vu qu’ il rappelait de trop pénibles sensations. Attraction de la présence souvenir de l’autre et rejet dès que la proximité est grande. Explication claire et plausible de ce lien que ressentaient entre nous, sans pouvoir le quantifier les psychothérapeutes. Tiens puisque nous étions dans l’espace de la chambre, un indice décoratif identique à celui du living, au-dessus de ma tête depuis longtemps, dans un cadre fraîchement refait, de mon coté, une sérigraphie montrant une tête de femme portant un magnifique chapeau.Image virtuelle de cet être manquant, de cet ange au-dessus de ma place.