Constatations, réflexions, étonnement au jour le jour, sur un chemin de vie. Mots d'humeur en rapport à la citation, "Le véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux". Coïncidences, hasards,éclairs de lucidité, destin.
C'était une comtoise fière, majestueuse et silencieuse, de près de 2,8 mêtres qui avait depuis quelques années trouvés tout juste sa place sur le mur du living qui a présent brillait par sa teinte jaune mêlée d'ocre.
Pour la deuxième fois en l'espace de deux semaines, deux visiteurs avaient mis en valeur la faible garde de plafond qui restait disponible au-dessus de ce meuble ancestral. En effet, à quelques centimètres près, elle n'aurait pu s'installer à la maison.
Depuis toujours ce meuble, dans lequel mon père nous cachait enfants, représentait aux yeux de la famille, un symbole important porteur de sens. Mon père avait dit et redit avant sa mort, son souhait que cette horloge passe en héritage aux garçons" et vingt ans après son départ, l'horloge m'avait été dévolue sans discussion car mon fils Christophe était le seul porteur du nom dans notre branche.
La réflexion de Paul, notre hôte du jour, s'était immédiatement posée comme une interrogation et comme une insistance, un rappel de l'étonnement de Claire face à la même observation. Aurait-elle grandi en l'espace de quelques jours au point que deux personnes en fassent la remarque? En tout cas cette réflexion faisait écho dans ma tête ou plutôt dans mon inconscient et ramenait un sourire surpris sur mon visage.
C'était de nouveau la symbolique autour du nom qui jouait. C'était me semblait-il le symbole du SSSS qui venait a nouveau pousser la tête et rechercher les aspects de la virilité autour de lui.
Il lui manquait quand même le S de son car depuis quelques années elle était muette et indiquait à12h04, moment où les aiguilles s'étaient arrêtées et elle indiquait sur la période de 24 heures seulement deux fois l'heure juste.
Comme sa forme verticale pouvait évoquer un sexe se dressant, elle s'assimilait à la parole qui féconde l'espace et me renvoyait à mes sensations du mois précédent au mur sud de notre espace de vie, repeint récemment aux couleurs du soleil. Elle représentait à l'extérieur, comme un fanion familial, un point d'attention, un phare, un symbole à transmettre dans la généalogie familiale, dont la virilité pour l'heure semblait maussade et affaiblie.
Le prénom du visiteur faisait écho à celui de Papa et cette coïncidence, une fois de plus m'ouvrait à la synchronicité et me laissait pantois. Oui cette horloge devait être remise en marche pour appuyer une recherche sur le nom et sur la parole.
L'entretien suivant avec la psychologue débuta autour du thème de l'horloge et celle-ci immédiatement dévia la conversation sur un jeu de mot à propos d'une horloge Coucou, dont le petit oiseau allait sortir en imaginant celle-ci sonnant joyeusement les heures. Oui,elle aussi entrait dans cette symbolique sexuelle de ce que pouvait être une horloge particulière.
Dans son élancement gracieux, elle était surmontée par une sorte de gland reprenant le mécanisme d'entraînement et apparaissait par cette particularité encore plus sexuelle.
N'était -elle donc pas inconsciemment pour le père le symbole du fanal, du phare qu'il fallait entretenir pour traverser la période de temps où la virilité des hommes était par leur absence sans doute et par l'envahissement maternel mis en bien piètre état.
Après les réflexions autour de la parole qui féconde l'espace, et de ma parole qui tentait d'occuper l'espace maintenant, le symbole de l'horloge se manifestait pour occuper visiblement l'espace, pour matérialiser en lui donnant un sens concret, un signal visible et permanent en phase avec l'émergence de ma parole et une invitation àêtre en place dans mon rôle d'homme pour exprimer les règles et donne sens à ce qui se passe.
N'était-ce pas aussi le rappel du symbole du patriarche, symbole de l'autorité, image du maître du temps qui en début du siècle remontait chaque soir le poids d'entraînement marquant ainsi pour ceux qui étaient présents, le moment, l’heure du coucher. Par son geste, rythmant la vie des siens, il avait agit conduit la lignée masculine avant que sa mort ne brise pour trois générations la présence des pères au temps de l’adolescence des fils.
Sur une photo datant d’avant 1900 et tirée d’un négatif fixé sur une plaque de verre représentant l'arrière grand-père une table ornée de rainures identiques à celle de l'horloge, marquait la parenté de meubles issus de cette branche familiale.
L’horloge en faisait partie depuis plus de plus de 100 ans.
En tout cas, l’une après l’autre des coïncidences s’ordonnaient autour de l’horloge, m’invitant à enfin prendre la décision de lui faire remplir son rôle mis dans la naphtaline depuis des lustres. Peu importait, les symboles sont éternels, et doivent s'exprimer dans leur complétude pour être efficace et cette horloge avait par tout un ensemble de faits repris vie et repris sens.Il fallait la remettre en route et lui faire reprendre son rôle de gardienne de la virilité et du temps.
11-99