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Constatations, réflexions, étonnement au jour le jour, sur un chemin de vie. Mots d'humeur en rapport à la citation, "Le véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux". Coïncidences, hasards,éclairs de lucidité, destin.

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Echo d'une parole.

La matinée de rencontre débutait par un petit déjeuner et nous étions  six autour de la table à faire connaissance, avant d'entrer dans le vif du sujet "la place qu'occupait dans notre vie, la partie professionnelle". Après réflexion sur la question du jour, à tour de rôle, nous prenions la parole pour exprimer ce que l'on vivait, qu'elle place le travail occupait dans notre vie.

Sereinement, j'attendais mon tour pour dire d'une manière claire et nette que j'étais dans l'incertitude, dans l'obscurité la plus complète car sans travail depuis un mois.A 55 ans, mon avenir devait être construit dans un sens inconnu qu'il me fallait clarifier notamment par un travail avec le consultant du bureau d' Outplacement. La perte de mon travail me mettait à nu, me blessait et me remplissait d'incertitudes. Dans cette épreuve, je me sentais comme une pierre brute, qui reçoit des coups, comme sous la taille du sculpteur, prenant forme, devenant autre, changeant dans ces circonstances, matière et forme en devenir. A la fin du tour de table, et du partage de chacun, le porte parole apportait à l'ensemble du groupe, les éléments importants qui avaient été partagés. Claire, pris la parole pour entre autres, d'une  manière juste et complète, transmettre de manière anonyme, à tous, l'image que j'avais partagée.

Elle l'avait dit mieux que moi presque et je m'étais retrouvé entièrement dans ses propos. Chaque table apportait les points marquants des différents conversations puis un animateur tira les conclusions générales en rappelant l'importance du projet personnel de vie s'appuyant sur ses valeurs. Une heure s'était passée, dans le brouhaha de la fin de réunion, je cherchais à rejoindre Claire pour la remercier d'avoir transmis de manière si juste, si précise mon témoignage. Elle m'avait écouté, entendu et j'en étais touché. A l'autre bout de la salle, elle était en conversation avec une connaissance commune et je m'approchais pour entrer progressivement dans leur conversation et lui exprimer ma joie et mes remerciements.

 Déjà, je faisais partie de ce petit cercle quand, à ma grande surprise, j'entendis notre connaissance qui suivait sa pensée, plus que ma présence, dire que le fait marquant pour la matinée, à propos de la vie professionnelle, était la métaphore de la pierre et du sculpteur.  "C'est ce que je retiendrais de cette matinée" dit-elle et elle ajouta, "Est-ce un invité ou quelqu'un de notre communauté, qui a apporté cette image ?"

Comme une boule qui fait un long parcours sur le billard, mon image symbolique, lancée dans le petit groupe, passait par Claire dans l'assemblée, rebondissait dans l'imaginaire d'une personne à coté de laquelle je me trouvais une heure plus tard, juste au moment où elle exprimait sa sensibilité à celle-ci, pour me revenir et me toucher à nouveau. Après un large sourire à Claire, étonnée et surprise par ces paroles, je m'adressais à ma voisine. "Tu sais, l'image est de moi". Dans un même élan, nous tenant par le bras, réciproquement, nous échangeâmes une accolade chaleureuse. Sensible à la forme, passionnée de sculpture, elle avait sans doute, plus vite qu'une autre personne, trouvé l'image adéquate.

Joyeux, heureux de l'évènement, nous étions elle et moi, entré par contact, sous un choc agréable, dans un moment de reconnaissance. L'image nous reliait, nous étions "sculpteur", nous étions "matière". Un hasard, nous avait rendu proche, nous plongeant dans un moment de grâce, dans une communication étonnante et merveilleuse

Hasard signifiant, Ange qui passe.

 

 

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