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Constatations, réflexions, étonnement au jour le jour, sur un chemin de vie. Mots d'humeur en rapport à la citation, "Le véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux". Coïncidences, hasards,éclairs de lucidité, destin.

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Corps sensations.

En face de l’arrêt de bus, à trois mètres du sol environ, une corbeille de fleurs, suspendues par les jardiniers communaux, laissait encore s’épanouir quelques géraniums  et fuscias. La saison était avancée, mais le temps doux rendait celles toujours  en place attirantes. La lumière de l’aube naissante, n’avait pas encore toute sa puissance et le poteau en béton sur lequel la corbeille était accrochée apparaissait clairement et n’était plus soumis à l’éclairage public. Les  mousses ou champignons verdâtres se détachaient sur fond plus clair et dessinaient de nombreuses arabesques sur toute sa hauteur. Les contrastes et les teintes  autres que le fond blanc du béton ne dominaient pas encore. Attiré par ces deux objets,  le poteau et la corbeille, je portais de plus en plus mon attention à leur présence quand une forme ou plus tôt un visage, sorte de portrait robot, apparu juste au dessus de la corbeille, à peine dix centimètres  au-dessus de la dernière fleur. Ce visage net, complet avait l’air de m’adresser son sourire. La répartition des agrégats sur le fond normalement lisse et blanc du béton avait par miracle apporté juste ce qu’il fallait pour dessiner un visage qui souriait. Joconde, ce matin devant moi, rien que pour moi car qui des autres voyageurs avaient eut l’occasion de se distraire du flux des voitures pour contempler ce poteau. C’était un merveilleux cadeau.

La figure me souriait, dans ce duo d’échanges qui me touchait et me donnait le courage d’affronter cette nouvelle journée qui s’annonçait monotone par son déplacement et ses activités. Un  message de plus de l’univers. Photo  miracle due au hasard qui depuis des semaines cherchait peut-être un humain pour lui adressé un message de présence dans le calme d’un attention vigilante, visage fleuri par cette magnifique corbeille, gardienne de celle-ci même. Phantasme, ou non, sa réalité était bien là. En profiter, échanger des impressions fugaces sans doute, me laisse envahir par ce sourire gratuit et matinal. Simplement comme un cadeau de la vie.

Etait-elle là depuis longtemps, serait-elle là encore demain mise en valeur par la même lumière, peu importait l’essentiel n’était pas là. L’essentiel était le plaisir du moment. Le lendemain à la même heure, au même endroit, près du support central de l’abribus, mon regard se porta immédiatement sur le poteau à l’endroit où la vision m’était apparue. À nouveau, ce sourire magique était là pour me souhaiter j’imaginais une bonne journée. Petite surprise de la nature, insaisissable, fragile et trouvant sa vie dans une lumière ni trop forte mais suffisante, celle de l’aube naissante alors que l’éclairage public n’ajoute plus sa lumière impersonnelle et contrastée. L’idée de la petite sœur me traversa à nouveau. N’était-ce pas Thérèse qui venait me dire via la nature, son petit bonjour d’accompagnement à mon voyage de la journée.

Chorale Dimanche, la chef de cœur est proche étrangement, à plusieurs reprises elle qui garde toujours sa distance me frôle, me cogne amicalement avec son coude, avec légèreté comme pour attirer mon attention à sa présence, à son animation et au battement de la mesure.

Est-ce le micro qui est trop proche et qu’elle fuit ou est-ce aussi de l’ordre de la présence de l’énergie vitale. Mercredi, au cours de Tai Chi, une collègue arrive en poussant la porte brusquement, une décharge de sensualité féminine, d’appel au mâle entre dans la pièce en même temps qu’elle. C’est une tigresse en chaleur,elle rayonne sa demande sexuelle. Je la reconnais immédiatement sans me retourner. C’est une sensation du même genre  qu’avec Anja mais je ne vois rien de son attitude corporelle. Accepte-t-elle le mâle, mystère provisoire sans doute. Elle se définira plus tard. Le bas de mon bassin est en train de bouger. Je sens comme un couple de torsion ancien, qui cède de plus en plus, d’un mouvement  d’évitement vers la droite, il se recentre de plus en plus et se laisse aller vers la gauche. C’est un couple de force. Un mouvement de torsion musculaire installé depuis longtemps qui me coupait l’énergie vitale, lui barrait le chemin. Le bas de mon dos bouge,un élancement perçu au cours de Tai Chi indique qu’entre mes lombaires et mes sacrées, il y a toujours des tensions, que je ne suis pas débarrassé comme je l’avais cru définitivement de ce lumbago tenace. Le point de départ de la douleur est toujours a droite à l’endroit des lumbagos précédents ;Il faudra que je fasse a nouveau de la kiné pour assouplir cette partie bien questionnante.

Lundi 3 Octobre dans le métro.

Suis envahi par le champ morphique de ma voisine. Elle se tient comme moi à la barre de stabilité, à ma droite. Elle rayonne une énergie sensuelle qui m’envahi de plus en plus. Nos chakras de base sont en résonance, de côté, je lui jette un petit coup d’œil pour voir de quelle sorte de personne il s’agit.

Rien de particulier, elle n’est pas attirante physiquement, brune, traits ordinaires. Elle semble impassible. Est-ce qu’ un autre femme derrière moi serait à l’origine de cette sensation. Je me suis laissé envahir par cette sensation puissante mais  à qui appartient-elle, qui l’émet. Puis à la station suivante, ma voisine de droite quitte la rame vers ses occupations j’imagine.La tension sensuelle s’apaise. Mystère, mais ce champ est vraiment fascinant.

Selon la nouvelle habitude à son anniversaire le TM est fêté par ses collègues. Des guirlandes et des ballons sont mis autour de son bureau et seul un œil volontaire ne voit pas qu’il vient de passer le cap d’une nouvelle année. Ce Mardi, c’est mon tour, c’est un jour faste. Visites nombreuses et bisous à la carte. Toutes ces énergies féminines qui m’envahissent joyeusement et en toute innocence.

Jeudi 6 Octobre.

En sortant de la maison,comme un lancement nouveau et avertisseur dans le bas du dos. La douleur déjà détectée précédemment à l’air de s’étendre et de s’amplifie sous les reins. Il me faudra être particulièrement prudent, la grande douleur n’est pas loin. Sur le trajet du bureau,la sensation  pénible se manifeste et s’amplifie, se précise de plus en plus. A un certain moment,je me sens en train de me refermer comme une huître, les muscles du bas du dos se raidissent les uns après les autres. Quitter mon siège de bureau devient de plus en plus douloureux. Avant le blocage complet,je préviens mon chef et demande le retour a la maison pour m’étendre et alléger les tensions qui augmentent. Ce n’est pas la douleur fulgurante de la dernière fois, mais elle y ressemble. Elle est plus légère mais elle augmente en intensité presque chaque heure.Il me faut des soins avant le blocage complet. Ça y est, je suis couché pour deux jours au moins. Un allongement maximum est nécessaire pour détendre ce dos. Que se passe-t-il. « Tu en as plein le dos ! » me dit le médecin. Peut-être mais de quoi. Le stress n’est pas vraiment celui du bureau, il y a des changements c’est sur mais est-ce la cause des raideurs. Je n’en suis pas convaincu. Sans remords, je reste allongé et vis au ralenti pour récupérer cette souplesse qui me manque et éliminer cette source de contrainte  et tension dorsale. La kiné qui relève curieusement aussi d’une hernie discale après un mois de soins, me reçoit pour une double séance le samedi suivant ainsi que le Lundi après.

Étonnement,elle a changé,ses longs cheveux laissent apparaître une féminité qu’elle n’avait pas me semblait-il avant lorsque je la consultais de temps à autre pour des séances d’haptonomie. Son rayonnement était nouveau, différent.Son visage affichait une sérénité qui compensait la sévérité que j’y avais perçue. Je me sentais plus à l’aise pour échanger pour discuter sans frein en toute simplicité. Elle semblait avoir dénoué un des nœuds de sa vie, à la suite d’un rêve,qu’elle avait compris.  Puis,elle s’était trouvée différente. Notre relation  patient thérapeute limite la confidence, mais l’essentiel est dit. Une énergie vitale venant du bas de sa colonne, s’est trouvée bloquée. Energie discale, l’énergie Qi cale, lapsus à la place de l’hernie discale.

Alors que l’on voit toujours le poids de la vie extérieure comme un fardeau pour expliquer le mal de dos, l’idée me traverse que c’est plutôt le contraire qui devrait être envisagé. C’est l’énergie vitale, à la fois mâle et femelle qui part de la colonne qui rencontre des obstacles dans la structure musculaire du corps et qui n’a d’autres possibilité que de sortie latéralement au lieu de monter verticalement. Le mal de dos.

Problème du mâle intérieur, de la femelle intérieure qui n’est pas reconnu (e ). Pour l’homme d’être mâle dans toute la puissance de l’énergie vitale, dans la composante d’Inga, qu’il ne peut être par blessure ou par pression morale. Pour la femme d’être femelle à la recherche du mâle dans la composante Pingala et qui se laisse  envahir par son énergie  mâle, qui n’a pas été différencie par le père. Échange confidence, y compris sur son parcours d’adolescente et de son désir d’être religieuse, de son désir profond de transcendance.

Nous nous sommes rejoints sur ce désir d’absolu mais d’un désir sublime sans tenir compte de la composante animale qui est en nous et dont nous nous protégeons par éducation et blocage sociétal autant que familial.

De ses soins, fermes et compétents, sans douleur, je retrouve une souplesse et une détente du bassin. Mon dos, se détend, mes sensations de tension et de douleur s’apaisent. Après la deuxième séance, après une heure de manipulation du bassin, je perçu une sensation curieuse et possible que je ne connaissais pas, la possibilité de faire bouger ce que ma grand-mère nommais dans mon enfance avec affection le coccyx. Ce souvenir heureux s’attacha à ce mouvement des vertèbres sacrées qui pouvaient aller de gauche à droite et d’avant en arrière comme si j’avais encore la possibilité de faire mouvoir l’appendice caudal que nous avions eu en tant qu’être animal dans la famille du singe dont on nous dit descendre.

J’avais le contact avec un monde primaire en moi, le guépard était de retour ou plus précisément le point d’attache de la queue de l’animal.

Isolé dans mon bas ventre, comme un rocher, un appui émergeant d’un espace sans sensation, vide de vie même. Point d’articulation sur un espace vide. Sensation archaïque de puissance balayante. Jeu amusant par sa souplesse et sa fluidité. Une sorte de régression s’était manifestée dans ce travail sur la sensation dans le bassin et me permettait d’accéder à un étage ancien de mon développement entravé dans les mois de mon évolution de poisson vers l’homme, dans le sein maternel.

Elle semblait percevoir comme un manque de souplesse et d’énergie dans mon bassin et l’avait me semblait-il clairement exprimé. Que voulait-elle signifier ainsi, était-elle en train de rechercher chez moi, le contact avec l’énergie male primordiale. Qu’elle  ne percevait pas dans son antenne sensation. Etait-ce la coupure en moi de l’accès à l’énergie vitale qui se manifestait par mes lumbagos successifs. Cette peur de l’acceptation de l’énergie vitale mâle qui est en moi. A un moment donné, elle me dit aussi que dans mon rayonnement énergétique, elle percevait comme un manque de champ de présence dans mon coté gauche à hauteur du bassin.

L’idée d’avoir souffert de l’absence de ma jumelle se marquait-t-elle ainsi

La peur de sentir sa souffrance fœtale et la coupure de la sensation vers elle par un couple musculaire d’évitement de mon bassin pour ne pas la sentir et d’être contaminé par la situation dramatique que je percevais.

Intimité des exercices, du corps à corps avec une femme dans un ballet de mise en valeur de ma présence compète et effective dans le bassin, moment joyeux et plein de détente. Le support du bassin par ses mains placées entre la table de kiné et mes os. Les exercices de rotation de l’articulation des jambes, les tensions légères entraînées dans les jambes pour détendre tous les muscles du bassin. Elle soulage le parcours d’un muscle enflammé qui part du point douloureux, parallèlement à la colonne vertébrale vers l’omoplate gauche puis vers le cou et le bras droit.

Au cours d’une des séances alors que j’étais sur le coté, qu’elle en fut pas ma surprise de l’entendre tousser, d’une toux grasse comme le faisait ma fille à 10 ans. Par deux fois la vibration de sa toux me renvoya à la relation avec ma fille qui proclamait par sa toux, mon père et ma mère ne m’aiment pas. Personne ne m’aime. J’ai manqué de l’amour d’un père, d’une mère, je n’en ai pas la sensation. Étrange message si proche qui me laissait en imagination plus tard l’envie de la prendre dans les bras, dans le jeu de rôle d’un père adoptif, pour comme substitut lui faire vivre la sensation en la serrant fort et fermement qu’elle est bien la fille aimée de son père.

Elle aussi était dans le schéma sensitif de ma fille, dans la peur de l’inceste au point de lui faire choisir un homme noir assurément non susceptible d’être dans cette relation interdite. Osant plus, j’étais progressivement entré en échange verbal profond avec elle. Conversation sur le monde des sensations,sur celle que j’ai perçue dans les méditations musicales à la Sadhana,relation entre la musique et le corps. Effet de la musique sur le corps. D’ou l’idée de lui partager les effets que j’avais perçu par la musique .La mise en vibration des chakras du bassin par des chants d’homme ou de femme, chants n’appartenant pas à notre culture, mais rempli d’une vitalité typique de l’énergie vitale dans son aspect mâle et femelle. Puis l’association que je faisais aux chants de moines et de moniales qui étaient comme la sublimation et l’apaisement des énergies féminines et masculines qui étaient  réveillés  par les musiques précédentes. Dans un élan pour partagé mes sensations,je lui copiais les voix mâles d’un lama tibétain en association avec les chants d’Hildegarde von Bingen. Puis la semaine suivante les voix indiennes de musique « Carnatic » associées aux voix de moines orthodoxes. L’instinct pur, sa sensation si l’on peut le dire ainsi et son antidote. Elle me fit seulement un commentaire sur les voix orthodoxes.

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